{"sf1_id":1326212,"sf2_id":"3eg5E8jn","title":"[Story - French] Les enfants ne sont pas des jouets - chap 1","author":"Vinsifroid","words":3933,"posted_at":"2018-04-22T23:51:00.000Z","tags":["Adolescent","Alternate Reality","Anthro","Anthropomorphic","Desperation","Drama","French Language","Histoire","Orphelin","Real Life","Rue","Teen","francais","fugue","humain"],"url":"https://fse.anthro.fr/stories/1326212-story-french-les-enfants-ne-sont-pas-des-jouets-chap-1","original_url":"https://sofurry.com/s/3eg5E8jn","image_url":"https://cdn.sofurryfiles.com/submissions/thumbnails/0d/cd/0dcdb4b4-84b6-4a99-85fd-7e83db236f8b","description":"First chapter of a small story in French - English translation will follow in the next weeks (or months)\nEn français\nUne petite histoire que j'ai écrit voici quelques mois maintenant, j'ose enfin la poster sur internet ^^\nJe poste ici le premier chapitre, elle en contient 4, je les posterai les prochains dimanches.\nComme c'est la première fois que je poste quelque chose, toute critique sera extrêmement appréciée (bonnes comme mauvaises).\nMerci d'avance =D\nSi vous désirez une version pdf, visitez la soumission sur Furrafinity (comme apparemment on ne peut pas upload sur sofurry) : https://www.furaffinity.net/view/27103667/\nThis story belongs to me,  Vinsifroid\nCette histoire m'appartient,  Vinsifroid","content":"Les enfants ne sont pas des jouets - Chapitre 1 : Une journée normale\n\n* * *\n« Fais attention, tu vas nous faire repérer !  \n  \n--- Humpf j'ai rien fait ! »  \n  \nL'adolescent eut à peine le temps de terminer sa phrase que la porte  \nqu'il essayait de crocheter l'envoya valdinguer sur le dos.  \n  \n« Que- quoi ?! Encore vous ?! » Lança une voix derrière eux.  \n  \nIl eut à peine le temps de voir la tête du buffle dans l'encadrement de  \nla porte, que son ami l'avait déjà pris par le bras pour le tirer hors  \nde la cour.  \n  \n« Putain c'est pas vrai t'as encore tout fait foirer !  \n  \n--- Ne revenez plus jamais ici !! Vous m'avez compris ?! La prochaine  \nfois je vous aurai à la carabine !  \n  \n--- Faudrait déjà que tu saches viser gros tas !  \n  \n--- Quoi ?! »  \n  \nRobin accéléra en entendant les lourds pas du bovidé derrière lui. La  \ndernière chose que Robin avait envie était de servir comme carpette dans  \nl'entrée d'un si charmant anthro.  \n  \nPar chance, les deux vagabonds réussirent avec quelques peines à le  \nperdre dans des étroites ruelles. A travers les étroits chemins humides  \nde ce côté de la ville, ils se rendaient à leur base d'opération. Ou  \ntout du moins, c'est ainsi que Robin surnommait le petit coin humide et  \nsombre situé en dessous du pont Tatayet et qui leur servait  \nprovisoirement de maison. La police préférait le terme plus élégant de  \n``campement illégal''. Mais Robin et son compagnon n'en avaient rien à  \nfaire de ce que pouvait penser la police.  \n  \n\n\u0026nbsp;Gregory étant bien plus rapide que Robin, était déjà arrivé depuis 5  \nbonnes minutes. Haletant, Robin le rejoignit sur le carton qui leur  \nservait de table, de canapé et de lit de fortune.  \n  \nMême s'il commençait à être habitué à ces courses-poursuites  \nincessantes, il pris tout de même quelques temps afin de regagner son  \nsouffle. De toute façon, il savait qu'une fois qu'il se serait remis de  \nson sprint, le blondinet lui toucherait deux mots. Il n'y avait donc pas  \nbesoin de se presser.  \n  \nL'adolescent en question, son compagnon d'infortune, faisait l'état des  \ndommages. Il avait la mine sévère et pour cause, tous les plans qu'il  \navait pour la journée étaient tombés à l'eau. Le problème ne serait en  \nfait pas si grave si cela ne faisait pas déjà plusieurs jours que cela  \ndurait. Et Robin tenait une grande part de responsabilité dans ces  \nbourdes à répétition.  \n  \n« Rob...On a encore rien trouvé pour ce soir... »  \n  \nRobin soupira. « Je sais... »  \n  \nGregory s'apprêtait à rajouter quelque chose mais l'autre le coupa  \navant.  \n  \n\n\u0026nbsp;« Je sais ce que tu vas dire... J'ai encore merdé je sais...  \n  \n--- Pourquoi tu devais te mettre si proche de la porte comme ça ? Un  \ncoup d'oeil par la fenêtre et on était cramé.  \n  \n--- je te l'ai déjà dis. J'ai encore du mal à crocheter...  \n  \n--- Ah ça j'avais remarqué merci, la prochaine fois toque à la porte ça  \nsera plus efficace ! »  \n  \nGreg était littéralement rouge de colère. Si Robin avait appris quelque  \nchose en deux mois, c'était qu'il ne valait mieux pas mettre le blond en  \ncolère.  \n  \n« Je commence à croire que j'étais mieux seul. »  \n  \nIl se leva pour aller s'asseoir près des berges du fleuve, lui tournant  \nle dos.  \n  \nRobin baissa les yeux. Il espérait vraiment que son compagnon ne le  \nlaisse pas tomber comme les autres. Il appliquait pourtant tout ce que  \nson aîné lui disait de faire. Il essayait de l'aider pour trouver de la  \nnourriture, il repérait des lieux pour d'autres planques, il guettait  \nles flics au coin de la rue sans se faire prendre. il essayait par tous  \nles moyens de faire comme lui. Mais le soucis, c'est que généralement,  \nil le faisait mal.  \n  \n\n\u0026nbsp;Mais la vie de rue ne donnait aucune place aux maladroits. « Pas de  \nseconde chance pour les trouillards » lui avait une fois dit un autre  \nvagabond. Le jour d'après il s'était fait embarquer dans une rafle de la  \npolice. En réalité, il ne devait sa vie qu'à la débrouillardise de son  \ncompagnon Gregory.  \n  \nIl sentait qu'il était en colère contre lui. Après tout, c'était de sa  \nfaute s'ils n'avaient encore rien mangé depuis 3 jours. Et pourtant cela  \navait bien commencé 1 mois auparavant. Gregory avait décidé spontanément  \nde l'aider voyant qu'il n'arrivait à rien. Oh Robin arrivait bien à se  \ndébrouiller seul d'habitude, mais depuis quelque temps il avait  \nénormément de mal a trouver de la nourriture en ville. Après 1 mois, il  \ncommençait déjà à regretter de devoir supporter ce chaos ambulant.  \n  \nMais jusqu'à présent, il était le seul sur qui il pouvait compter. Tous  \nles autres gamins des rues le traitaient comme leur faire-valoir. A vrai  \ndire, il ne pouvait pas vraiment le considérer comme un ami. C'était  \nplus une opportunité bonne à saisir. Et c'était réciproque.  \n  \n\n\u0026nbsp;« Il va commencer à faire noir, peut-être que si on cherche dans les  \npoubelles y aurait moyen de trouver des restes. » dit Gregory le sortant  \nde ses pensées.  \n  \n« Avec un peu de chance ouais... », répondit-il, un peu hésitant.  \n  \n« Si on ne comptait que sur ta chance, c'est sûr qu'on servirait déjà de  \nrepas aux corbeaux. »  \n  \nIl se leva et se mit en route sans dire un mot de plus. Robin se dépêcha  \nde le suivre. Il ne lui faisait pas assez confiance pour s'attendre à ce  \nqu'il lui en laisse un peu.  \n  \nIls cherchèrent pendant plusieurs minutes, minutieusement, faisant  \nattention à n'oublier aucune poubelle. Mais ils ne trouvèrent que  \nquelques restes de crème glacé et des restes de fausse viande trop  \ncuite. Mais de la nourriture reste de la nourriture. Cela pouvait au  \nmoins apaiser l'estomac un temps. Cependant son ventre le faisait  \nsouffrir encore plus que d'habitude. Le fait d'avoir nourri son estomac  \nsi désespérant vide, lui faisait envie d'en avoir plus, et il ne pouvait  \npas vraiment le blâmer.  \n  \nC'est ainsi qu'ils rentrèrent du shopping. Le ventre à moitié rempli  \nmais calmé, au contraire de leur tension.  \n  \n\n\u0026nbsp;Après s'être couché sur leurs cartons respectifs, ils se souhaitèrent  \nbonne nuit.  \n  \n_Peut-être que Grégory ne le pensait pas vraiment au final._  \n  \nLa nuit fut courte. Un autre raid des forces de l'ordre les avait obligé  \nà bouger en pleine nuit. Après s'être dépêché de ramasser le peu  \nd'affaires qu'ils possédaient, les deux ados avaient couru à en perdre  \nl'haleine.  \n  \nAprès plusieurs heures à vagabonder dans les rues désertes, ils se  \nréfugièrent finalement dans un passage peu éclairé du centre ville.  \nCelui-ci avait l'avantage d'être situé en hauteur du reste de la ville,  \nce qui avait naturellement mené à le rendre entièrement piétonnier. De  \nprime abord, les citadins s'étaient émerveillés de cette avancée  \nmoderne. Mais une des conséquences fut qu'il était devenu difficile d'y  \naccéder, y compris pour la police. Parfait pour deux sans-abris.  \n  \nIls s'étaient provisoirement installés dans un chantier d'immeuble. De  \nnombreuses poutres en acier et grilles métalliques les cachaient bien  \ndes rues habituellement bondées. L'endroit ne serait en revanche pas sûr  \nla journée, les ouvriers auraient tôt fait de les dénoncer.  \n  \n\n\u0026nbsp;Après s'être sommairement installé et assuré que personne ne les  \nsuivait, ils se mirent rapidement à réfléchir à un plan d'attaque pour  \nla journée. Ne pas avoir beaucoup dormi de la nuit ne l'empêchait pas  \nd'être concentré sur les instructions que lui donnait son aîné. Gregory  \navait trouvé pour la douzième fois le plan parfait pour survivre le  \nmois.  \n  \nNon loin de leur cachette, se trouvait un supermarché assez fréquenté  \ndes bourgeois du centre-ville. Ceux-ci entraient les mains vides et  \nressortaient avec des sacs remplis. Et en période hivernale, c'était  \nmême exagéré par rapport au reste de l'année. Gregory présenta ça comme  \nune chasse. Un appât et un chasseur. Il partait pour être l'appât en  \ninterpellant certaines personnes sortant du magasin tandis que Robin  \ndevait se faufiler derrière eux afin de soulager leurs sacs de quelques  \nbiens.  \n  \nRobin était un peu dubitatif face aux extravagances de son compagnon  \nmais n'en dit pas un mot. Il était déjà assez agacé par ses échecs à  \nrépétition, pas la peine de l'énerver encore plus.  \n  \n\n\u0026nbsp;Cependant, rien ne pouvait préparer l'impétueux garçon face au bilan  \nfinal après plusieurs heures de _chasse_.  \n  \nRien. Zéro. Nada.  \n  \nCe n'était pas faute d'avoir essayé. Mais parmi la foule de personnes  \nentrant et sortant, c'était quasiment impossible de ne pas se faire voir  \npar d'autres clients. Après s'être presque fait attrapé par des agents  \nde sécurité, ils se retrouvèrent près de leur cachette provisoire pour  \nune revue de la situation. Gregory ne mâchait pas ses mots.  \n  \n« Tu le fais exprès ou quoi ?! C'est pas possible d'être aussi gauche ! »  \n  \nIl faisait les cent pas devant lui. Restant silencieux, Robin attendait  \nsimplement que l'orage passe. Mais cette fois-ci il ne semblait pas  \nvouloir passer.  \n  \n« Bon j'en ai marre », il le pointa d'un doigt accusateur, « La  \nprochaine fois je me barre, et tu te débrouilleras tout seul »  \n  \nRobin n'en croyait pas ses oreilles.  \n  \n« Quoi ? Tu vas me faire ça ?! »  \n  \nIl ricana.  \n  \n« Et pour peu que je vais le faire. Ça fait un mois que je t'ai pris  \nsous mon aile parce que tu crevais de faim ! Et regarde comment tu me  \nremercies ?! » Il souleva un pan de son pagne, lui révélant son corps  \ncadavérique. « Il y a un mois j'avais encore un peu de graisse sous la  \npeau ! »  \n  \n\n\u0026nbsp;_C'est trop fort. Selon lui c'est moi la cause de tous ses  \n\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026nbsp;problèmes ?!_ pensa Robin. Il serra les poings.  \n  \n« Greg moi aussi je suis dans le même état. Et je veux pas être méchant  \nmais c'est pas moi qui aie eu l'idée de venir en ville parce  \nqu'apparemment il y a plus de bouffe. »  \n  \nIl se massa les tempes bouillant de rage.  \n  \n« Bon. Je te laisse une dernière chance. On en fait encore un  \nmaintenant. Si tu le rates cette fois-ci, tu dégages  \n  \n--- Quoi ?! Mais c'est quasiment impossible avec cet-  \n  \n--- Pigé ?  \n  \n--- Mais-  \n  \n--- Pigé Robin ? Ou tu préfères te barrer maintenant ? »  \n  \nRobin réfléchit quelque instants. Gregory était dégueulasse avec lui  \nmais au moins, ensemble ses chances de survies étaient doublées.  \n  \n« Pigé...  \n  \n--- Ben vas-y alors ! »  \n  \nIls s'approchèrent une nouvelle fois de l'entrée. Il était midi. Les  \ngens affluaient pour venir chercher un casse-croûte pour leur dîner.  \nBeaucoup de personnes disponibles, mais peu de choix possibles. Robin  \nétait assez nerveux. Il y a avait beaucoup d'anthros dans les parages.  \nIl se tint malgré tout prêt à côté d'une benne à ordure, attentif à tout  \ngeste provenant de son complice.  \n  \n\n\u0026nbsp;Soudain, Greg lui fit signe des mains. C'était le signal.  \n  \nDoucement, Gregory s'approcha d'un couple sortant du magasin, les bras  \nchargés de sac à commissions, marchant assez rapidement. Robin ne put  \ns'empêcher de frissonner à la vue des deux queues pendantes traînant  \nderrière eux.  \n  \n_Évidemment il a encore eu le bon goût de choisir deux de ces  \n\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026nbsp;horreurs à fourrure. Il sait très bien à quel point je les hais._    \n  \nGregory mis son plan à exécution. Il avança vers eux tout en boitant  \navec sa main tendue, faisant mine de demander quelques pièces aux  \npassants. Bien sûr, la plupart des gens l'ignoraient totalement.  \nLorsqu'il fut à leur niveau, il leur adressa la parole : « S'il vous  \nplaît, auriez vous une petite pièce pour un pauvre enfant ? »  \n  \nLe coupla s'arrêta confus. Une voix masculine lui répondit.  \n  \n« Nous n'avons rien. Au revoir »  \n  \nIl voulu partir mais son partenaire le retint.  \n  \n« Enfin Za ! Regarde-le, c'est juste un pauvre gars.  \n  \n--- Andy... Il y a beaucoup de faux mendiants tu sais...  \n  \n--- Je dis la vérité monsieur. Ça fait 5 ans que je dois survivre par  \nmoi-même. S'il vous plaît... »  \n  \n\n\u0026nbsp;Tandis que Grégory faisait la parlotte, Robin avait eu suffisamment de  \ntemps pour s'approcher d'eux, se faisant le plus discret possible. Il  \npalpa chaque élément à l'intérieur du sac, jaugeant chaque produit.  \n  \n« Allez Za, donne lui quelque chose, c'est pas comme si ça allait nous  \nruiner. »  \n  \nLe loup noir se tourna vers son compagnon en grognant assez bruyamment.  \n  \n« Allez André on s'en va, j'ai pas confiance, il- »  \n  \nC'est alors que Robin sentit son bras sauvagement agrippé. Il lâcha  \nsoudainement les fruits qu'il tenait lorsqu'il vit deux pattes noires le  \nserrer fermement. Le cur de Robin s'arrêta alors que son cerveau lui  \nintimait l'ordre de courir le plus loin possible.  \n  \n« Regarde ce que je viens de trouver ! Il était en train de fouiller  \ndans ton sac !  \n  \n--- Quoi ?! »  \n  \nIls se tournèrent tous les deux vers lui. C'est à cet instant que Robin  \ndécouvrit leurs espèces respectives, et ce qu'il vit ne lui fit pas  \nplaisir du tout. Le loup le tenait fermement tandis que son compagnon,  \nun léopard, le dévisageait lentement d'un il circonspect.  \n  \n\n\u0026nbsp;D'habitude, lorsqu'on le prenait sur le fait, ce qui était déjà arrivé  \nde nombreuses fois déjà, Robin se détachait de son assaillant et  \ncourrait le plus vite possible. Mais cette fois-ci, il était  \ncomplètement tétanisé par la peur. Il se rendit compte que non seulement  \nil s'était attaqué à deux prédateurs, mais en plus l'un d'entre eux  \nétait un léopard. Un félin.  \n  \nIl jeta un regard terrorisé à Gregory, le suppliant de l'aider. Mais  \nGregory se contenta de lui rendre son regard.  \n  \n« Je vais vous apprendre les bonnes manières »  \n  \nLe loup montra les crocs jetant des regards énervés à chacun d'entre  \neux. Malgré le danger, Robin ne pouvait bouger un muscle de son corps.  \nIl regardait tour à tour le félin et Gregory, lui suppliant du regard de  \nl'aider. Mais il détourna subitement la tête.  \n  \n« Monsieur je n'y suis pour rien. je voulais juste une pièce...  \n  \n--- Quoi ?! S'écria Robin.  \n  \n--- Ça va, allez vas-t'en. »  \n  \nLe loup lui donna une pièce de monnaie. Gregory la pris et parti, sans  \nautre mot.  \n  \n« Nooon ! »  \n  \nRobin n'en croyait pas ses yeux. Son compagnon l'avait abandonné aux  \nmains d'un loup et d'un félin.  \n  \n\n\u0026nbsp;Le loup le tint encore plus fort. Les muscles affaiblis du garçon ne  \npouvait pas rivaliser avec ceux du loup.  \n  \n« Toi par contre, tu vas faire un petit tour au poste de police.  \n  \n--- Non s'il vous plaît non pas la police ! »  \n  \nRobin essaya par tous les moyens de se libérer de l'étreinte mais il  \nn'arrivait pas à bouger d'un iota. Les passants commençaient à regarder  \ndans leur direction, curieux de l'étrange raffut qu'il faisait.  \n  \n« Tu crois peut-être que tu es au dessus des lois mmh ? Tes parents  \nt'ont très mal éduqué on dirait. »  \n  \nLe léopard, qui se tenait un peu en retrait jusqu'à présent s'avança  \nvers lui.  \n  \nMalgré la menace du loup, il ne put s'empêcher de reculer derrière lui.  \nLe léopard s'arrêta net, ne s'attendant visiblement pas à ça.  \n  \n« Za, ce gosse a l'air complètement paumé.  \n  \n--- Et quoi ? Ça lui donne la permission pour tout ?  \n  \n--- Non mais-  \n  \n--- Voilà, donc direction le poste. »  \n  \nIl se remit à marcher au milieu du troupeau de badauds qui s'était  \nformé, l'entraînant par le bras.  \n  \n« Monsieur, vous me faites mal... »  \n  \n\n\u0026nbsp;Il serrait son bras tellement fort qu'il ne sentait presque plus sa  \nmain. Robin se retenait pour ne pas pleurer de douleur. Il ferma les  \nyeux, cherchant dans sa mémoire toutes les fois où il avait dû affronté  \nune situation similaire afin de peut-être trouver un moyen de  \ns'échapper, tout cela pour ne trouver que le néant. Mais le léopard le  \nsortit de ses pensées.  \n  \n« Za attends avant de faire ça ! »  \n  \nLe loup se tourna vers lui et lui répondit sèchement.  \n  \n« Quoi André ?  \n  \n--- Tu trouves normal qu'un enfant de cet âge soit dans la rue à voler  \ndes cadis de supermarchés ? »  \n  \nRetrouvant un peu de calme. Le loup relâcha un peu son étreinte. Robin  \nen profita aussitôt et mordit son bras de toutes ses forces. Il le  \nrelâcha immédiatement en émettant un petit « Yelp! ». Robin ne demanda  \npas son reste et couru à travers la foule. Les badauds choqués par la  \nréaction de l'adolescent ne tentèrent rien pour le stopper.  \n  \nIl courait à toute allure à travers les ruelles de la ville, bousculant  \ndes gens sur son passage. Après quelques minutes, il arriva enfin à sa  \nplanque. Il n'y avait déjà plus rien, Gregory avait tout emporté avec  \nlui, même ce qui ne lui appartenait pas.  \n  \n\n\u0026nbsp;Robin ne resta pas longtemps à contempler le vide, il repartit aussi  \nsec.  \n  \nIl se remit alors en route. Seul. Cela faisait bien longtemps depuis la  \ndernier fois qu'il avait été seul. Il secoua la tête. Cela n'était pas  \nla première fois que cela arrivait pourtant. La plupart des gens qu'il  \navait rencontré n'étaient jamais resté. Et une bonne partie d'entre eux  \ns'était juste servie de lui. Gregory ne faisait pas fait exception à la  \nrègle.  \n  \nRobin se hâtait dans les rues de la ville. Il faisait froid. Très froid  \nmême. Les fêtes de fin d'année approchant, le temps associé arrivait  \négalement. Marcher permettait au moins de se réchauffer. Et d'oublier  \nsoucis et mauvaises pensées. Cependant, plus il marchait, et plus il  \nprenait peur de ne pas pouvoir passer l'hiver. La météo indiquait déjà  \nque cet hiver allait être le plus glacial de ces 15 dernières années.  \n  \nLes gens le dévisageaient sur son passage. Dans un quartier si chic de  \nla ville, c'était rare de voir quelqu'un se traîner dans de telles  \nloques. Robin regrettait un peu la campagne et les choix désastreux de  \nGregory. Il s'y sentait tranquille à la campagne. Certes, trouver un  \nabri était plus difficile, mais la nourriture était abondante là où on  \nsavait chercher. De plus il y avait beaucoup moins de monde. L'air de la  \nville grouillante de gens lui était suffocant.  \n  \n\n\u0026nbsp;Et pourtant alors qu'il marchait au milieu de dizaines de brasseries et  \nde snacks, cela n'avait jamais été aussi dur de trouver de la  \nnourriture.  \n  \nAu loin, le son du carillon de l'hôtel de ville se fit entendre. Robin  \ncompta chaque son de cloche dans sa tête. Il était seize heures.  \n  \n_Seize heures déjà ?_  \n  \nLe temps passe vite. Et il n'avait toujours rien trouvé. Il pourrait  \ntoujours chercher dans des bennes à ordure se dit-il. Les restaurants  \njettent quantité de nourriture encore comestible. Encore un conseil de  \nGregory. Mais il ne pourrait passer à l'action que tard dans la journée.  \n  \nN'ayant rien d'autre à faire, il prit son temps pour se balader en  \nville. Il n'avait jamais vraiment eu de temps pour visiter. Les rues  \npavées du centre-ville se prolongeaient sur plusieurs centaines de  \nmètres, laissant aux piétons la liberté de marcher là où ils le  \nsouhaitaient.  \n  \n\n* * *\nLes heures passaient alors que le temps s'assombrissait. Les oiseaux  \ns'étaient tus depuis plusieurs minutes déjà et le vent faisait vibrer  \nles feuillages. La nuit promettait d'être agitée.  \n  \n\n\u0026nbsp;Robin se leva de son coin de verdure où il s'était assoupis. Les gens  \ncouraient de toute part pour se mettre à l'abri, la présence d'un orage  \nproche les forçant à rentrer chez eux. Robin devait maintenant se  \ntrouver un abri couvert. Le petit parc urbain où il s'était réfugié ne  \nle protégerait certainement pas du mauvais temps.  \n  \nLes restaurants fermaient boutique les uns après les autres, faute de  \nclients. L'ado se dit que c'était peut-être le bon moment pour fouiller  \nles poubelles. En faisant attention de ne pas paraître suspect  \névidemment.  \n  \nÉvidemment, ceux-ci connaissaient les vieux trucs. Soit les poubelles  \nétaient inaccessibles derrière un grillage, soit il étaient verrouillés  \nà l'aide d'un cadenas. Aucun restaurant de la rue n'était accessible.  \nRobin fit deux tours du pâté de maison pour en être sûr. Il savait qu'il  \ny avait probablement d'autres poubelles accessibles hors du  \ncentre-ville, mais il n'avait pas le temps. L'orage se levait.  \n  \nMarchant machinalement le long du trottoir, il tentait de se faire une  \nliste de tous les abris possibles pour la nuit.  \n  \n\n\u0026nbsp;Il pouvait déjà rayer le parc de sa liste. Trop exposé et puis des  \ngardiens passaient régulièrement faire le tour. Les chantiers étaient  \négalement hors de question.Il n'avait aucune envie de se prendre une  \nplanche ou un marteau sur la tête pendant la nuit. Les ponts étaient une  \npossibilité mais il y avait toujours le risque que le niveau de l'eau ne  \nmonte tellement qu'elle ne vienne recouvrir les berges.  \n  \nPlongé dans ses réflexions, Robin ne vit pas la vitre en plexiglas en  \nface de lui.  \n  \n« Ouf ! »  \n  \nS'étalant par terre les quatre fers en l'air, Robin se frappa  \nmentalement la tête. Sa chute fit rire quelque passants. À moitié gêné,  \nRobin accepta la main d'un vieil homme qui l'aida à me relever.  \n  \n« M-merci »  \n  \nL'homme ria de bon cur.  \n  \n« Il n'y a pas de soucis. En tout cas, c'est bien la première fois que  \nje vois quelqu'un se prendre aussi brutalement l'abribus Ahahahah  \n  \n--- La vitre de l'abribus ? demanda-il confus.  \n  \n--- Ahahahah oui l'abribus, là où on attends le bus », il répondit riant  \nde plus belle.  \n  \nToutes les personnes présentes à l'intérieur de celui-ci les  \nregardaient, c'est à dire environ une dizaine. Ils étaient à l'abri du  \nvent et de la pluie grâce aux vitres en plexiglas. C'est alors que l'ado  \neut une idée.  \n  \n\n\u0026nbsp;« Hum monsieur vous savez à quelle heure passent les derniers bus ? »  \n  \nIl fronça les sourcils et pris une tête pensive.  \n  \n« Mmm je pense bien que le prochain est le dernier pour aujourd'hui mon  \ngars. Les effectifs sont réduits le samedi. Mais je pense que- »  \n  \nUn bruit de klaxon l'interrompit brutalement. Il pris rapidement son sac  \nalors que les autre personnes commençaient à eux-mêmes prendre leur  \naffaires.  \n  \n« Ah et bien le voilà justement, va demander au chauffeur, il saura  \nsûrement te répondre !  \n  \n--- D'accord. Merci beaucoup monsieur »  \n  \nIl jeta un il au petit édifice désormais vide alors que son  \ninterlocuteur se rendait également dans la file. Une banquette de trois  \npersonnes faisait la longueur de l'abris-bus.  \n  \n_Il sera parfait pour la nuit_ se dit Robin, _et avec un peu de chance   \npersonne pour me déranger_ .  \n  \nCependant avant de se précipiter à l'intérieur, il suivit le conseil de  \nl'homme et se rendit à la cabine du bus pour interroger le chauffeur.  \n  \nAprès quelque minutes, Robin était assis sur la banquette de l'abri-bus  \nsatisfait de sa trouvaille. Le chauffeur lui avait affirmé qu'il n'y  \naurait plus qu'un dernier bus vers 19h, soit une heure plus tard.  \n  \n\n\u0026nbsp;La nuit promettait d'être calme finalement. Protégé du vent et de la  \npluie, il ne manquait qu'un peu de chauffage pour que ça soit parfait.  \nL'endroit était maintenant désert, mis à part quelques personnes  \nattendant à l'extérieur. Il se coucha sur la banquette, le bout de ses  \npieds pendant légèrement au bout de celle-ci. Il se mit rapidement en  \nboule afin de garder la chaleur, restant vigilant quant aux passants  \nvenant s'arrêter tout près. D'autres usagers du bus se dit-il. Par  \nchance ils semblaient vouloir rester à l'extérieur. Il serait plus  \ntranquille ainsi.  \n  \nFinalement, la journée n'avait pas été si mal se dit-il. A part la  \ntrahison de Greg et l'altercation avec ces deux anthros évidemment.  \nPlusieurs fois pendant la journée, il avait regardé derrière lui pour  \nêtre sûr qu'ils ne le suivaient pas.  \n  \n_Je suis bien trop rapide pour eux_ se dit-il.   \n_Il faudrait vraiment un miracle pour qu'ils me retrouvent maintenant._  \n  \n« Encore toi ?! »  \n  \n  \n  \n\n","series":{"name":"Les enfants ne sont pas des jouets","next":"https://fse.anthro.fr/stories/1328919-story-french-les-enfants-ne-sont-pas-des-jouets-chap-2.json"}}